Dans le deuxième épisode de Ausha Talk, on rencontre Karen et Stéphane de Dans ton rade, un podcast de conversation enregistré dans des bars. Les discussions sont intéressantes, légères et drôles. On peut y entendre les voix de leurs amis, mais aussi d’inconnus croisés au comptoir.

Salut Karen et Stéphane ! Est-ce que vous pouvez vous présenter en quelques mots ?

Karen : On fait Dans ton rade, un podcast de comptoir qu’on enregistre dans un bar, avec des gens qu’on connaît plus ou moins. Ça peut être des potes ou des inconnus du bar… On arrive avec un thème et le but c’est que des gens nous livrent des petites anecdotes !

Stéphane : Au fur et à mesure de la soirée, le taux d’alcool commence à monter un petit peu donc les gens arrivent à se livrer un peu plus.

Vous pouvez nous décrire l’endroit où on est ?

Karen : On est au café de l’industrie, vers Bastille. C’est un petit café-restaurant, donc on est sur des banquettes un peu “confort” en cuir. Il y a une petite ambiance musicale un peu cool. Il y a une clientèle plutôt familiale qui vient à l’heure du déjeuner !

Comment faites-vous pour boire et enregistrer en même temps ?

Stéphane : Au début c’était très compliqué parce qu’on prenait une pinte ou deux avant pour discuter entre nous. On commençait donc l’enregistrement à deux pintes.

Karen : On faisait nos soirées d’enregistrement comme des soirées classiques.

Stéphane : On s’est vite rendu compte que c’était un peu compliqué, donc maintenant on limite notre alcool. On commence à enregistrer au moment de la première pinte.

Karen : On est aussi capable de faire des enregistrements à jeun…

Stéphane : Oui, on ne fait pas la promotion de l’alcool !

Karen : …et les gens avec qui on parle n’ont pas d’obligation de boire. Le but, c’est d’être entre gens qui ont envie de se parler. L’alcool est à disposition dans les bars mais on peut très bien faire sans.

Pourquoi avez-vous décidé de vous lancer dans le podcast ?

Karen : A la base, on est deux auditeurs de Studio 404. Il y a deux ans, ils avaient fait un épisode de Noël dans lequel ils recevaient beaucoup de gros acteurs du podcast. Sachant qu’à l’époque, ils étaient beaucoup moins nombreux qu’aujourd’hui… Après cet épisode, on s’est dit avec Stéphane que finalement, tout le monde pouvait faire un podcast et que ça serait sympa à tester.

Stéphane : Après, on s’est demandé ce qu’on pouvait faire comme podcast. Qu’est-ce qu’on a à livrer, qu’est-ce qu’on a envie de faire ? On s’est vite rendu compte qu’on avait envie de parler avec des gens, ne pas rester entre nous, et on s’est dit que dans des bars ça pouvait être cool. On a enregistré deux pilotes avec nos potes…

Karen : Et un avec des gens qu’on ne connaissait pas. Ça nous a permis de voir comment tester tout ça, parce que mine de rien ça voulait dire qu’il fallait un studio mobile, faire venir des gens, réussir à capter la parole de tout le monde…

Stéphane : Enregistrer dans un bar aussi, parce que c’est super bruyant. On a fait deux épisodes comme ça et puis on s’est lancé !

Comment trouvez-vous les thèmes des épisodes de Dans ton rade ?

Karen : On a une grosse liste avec plein de thèmes très généraux, comme ceux qu’on a pu faire dans la première saison : la famille, le travail…

Stéphane : … les vacances, Noël…

Karen : On pioche donc aléatoirement là dedans. Au début, ça nous arrivait d’en parler avec des potes avant et qu’ils nous disent qu’ils auraient deux ou trois trucs à raconter. C’était donc l’occasion de les avoir avec nous autour de la table. Pour la saison 2, ça a été plus spontané : on est partis sur des petits dictons, des trucs qui nous permettaient de balayer pas mal de sujets. Les thématiques, il y en a beaucoup à faire, mais c’est aussi bien de laisser le champ libre aux gens, de leur permettre de raconter ce qu’ils veulent en fonction de leur vie.

Stéphane : Sur la saison 2, on a choisi des thèmes comme “Est-ce que c’était mieux avant ?” ou “Et si on devait mourir demain ?”.

Comment choisissez-vous vos invités ?

Stéphane : Sur plusieurs épisodes, on a surtout invité d’autres podcasteurs en rapport avec le thème. Là, on va plus rencontrer des gens qu’on ne connaît pas, des inconnus dans les bars, ce qu’on avait commencé à faire au début.

Karen : On avait commencé avec nos potes pour être sûr d’avoir des gens avec nous au début. Et puis ça permet aussi de s’installer, que les gens nous repèrent, qu’ils se rendent compte qu’il se passe quelque chose et que ça les intrigue un peu. Ensuite, on a rencontré des gens via le podcast et ça nous a permis de discuter un peu plus longuement avec eux. Mais c’est vrai que le concept de base c’est quand même d’aller parler à des inconnus dans des bars. On a très envie de retourner à ça.

En plus, ils se transforment peut-être en futurs auditeurs de Dans ton rade ?

Karen : Normalement oui.

Stéphane : Ils repartent avec des stickers !

Karen : On a longtemps récupéré les mails de tout le monde pour leur envoyer une newsletter, qui est un peu moins régulière maintenant. Mais oui, on sait que certaines personnes ont commencé à nous écouter après nous avoir croisés dans un bar.

Qu’est-ce qui fait pour vous un bon rade ?

Stéphane : Il faut que ce soit chaleureux, qu’il y ait une bonne ambiance, que les barmen soient sympas…

Karen : Si possible que ce ne soit pas trop cher… Un endroit confortable, dans lequel on se sent chez soi. Le top du top, c’est un bar avec un bon comptoir où tu sais que tu peux croiser des gens et parler avec eux. Il y a beaucoup de bars très bien où on boit des bonnes choses, où on est bien installé et où on passe une bonne soirée, mais pour moi le côté “rade” c’est aussi discuter avec des gens et être comme à la maison.

Vous avez fait une carte parisienne des bons rades. Est-ce que vous pouvez nous en citer quelques uns ?

Karen : Il y a le café sans nom vers Alexandre Dumas. Un vrai bar familial…

Stéphane : C’est au milieu d’une petite place.

Karen : Il y a des enfants qui y viennent, des gens de partout. Quand il fait beau, tout le monde traîne sur la terrasse et sur la place. Ça fait un bar très élargi.

Stéphane : Moi j’aime bien le Trois pièces cuisine, vers Villiers. On a enregistré une fois là-bas et on y traîne de temps en temps. Il font des bonnes frites !

Karen : Moi mon rade originel, c’est le Marlusse. C’est le premier bar dans lequel j’ai traîné en arrivant à Paris, il y a une petite dizaine d’années. C’est à Pigalle. C’est un peu mon quartier, donc je connais plein de bars là-bas. Celui-ci existe toujours. Si les voisins ne sont pas trop chiants, il devrait perdurer sans trop d’encombres… C’est un peu le problème en ce moment : pas mal de bars subissent des fermetures administratives parce que les voisins se plaignent du bruit et la police n’a pas trop de problème à les faire fermer. Beaucoup de bars sont en danger, comme le Demain c’est loin à Ménilmontant. L’Arsouille, à Pigalle, a dû fermer à cause de ça. Je trouve ça un peu dommage.

Stéphane : Il y a aussi Le Boucan, vers Place de Clichy. On traîne pas mal là-bas aussi et il y a un baby foot gratuit. C’est le bon plan pour jouer entre potes.

Karen, tu peux nous parler de ton nouveau podcast, Coeur coeur coeur ?

Karen : C’est une série d’interviews sur l’amour. L’objectif, c’est de tracer les contours de toutes les amours, parce que l’amour ce n’est pas que les relations de couple : pour moi, c’est aussi ce qui existe entre des potes, entre des parents et des enfants, entre des gens et leurs animaux… Il y a plein de modes de relation et plein de formes d’amour. Je voulais donner la parole à plein de personnes de profils différents pour parler de ce sujet. Il y aura une première série d’une dizaine d’interviews, dans lequel on entend juste la voix d’un amoureux ou d’une amoureuse qui nous parle de son expérience.

Est-ce que c’était difficile de changer de format, notamment le fait d’avoir du témoignage brut sans tes questions ?

Karen : On ne peut pas dire que ça a été difficile mais on a tâtonné avant d’en arriver là. C’est vrai que le format évident, ça aurait été de faire de l’interview dans laquelle je pose des questions et la personne répond. Mais au final, le plus logique dans ce contexte là pour livrer la parole de quelqu’un, c’était de la lui donner entièrement et de faire en sorte qu’il n’y ait pas besoin d’un autre accompagnement, si ce n’est un petit accompagnement musical. Donc on a un peu tâtonné au début mais c’était le format qui a paru le plus évident, et c’était cool d’explorer autre chose.

Vous avez lancé le studio de podcast Super Bagatelles, qui regroupe vos trois productions : Dans ton rade, Edition illimitée et Coeur coeur coeur. Pourquoi ?

Karen : A la base, le but c’était de créer un label pour permettre à chacun des podcasts de bénéficier de la visibilité de l’autre et de faire une promotion commune.

Stéphane : Il s’agissait aussi de regrouper tous nos podcasts sous un même nom.

Karen : On voulait montrer que c’était la même équipe derrière ces trois productions. Aujourd’hui, notre nouvelle ambition c’est de produire du podcast pour des clients. C’est donc un vrai studio de production.

Pourquoi avoir choisi Ausha pour héberger vos podcasts ?

Karen : On a été impliqués sur le Discord d’Ausha avant que le produit soit lancé. Ils cherchaient des bêta-testeurs et des personnes déjà présentes dans le monde du podcast pour connaître nos besoins, ce qui pouvait nous intéresser et ce qui manquait potentiellement chez d’autres hébergeurs. C’était donc forcément intéressant de travailler avec eux et de se sentir écoutés. Depuis, ils ont toujours été super réactifs quand quelque chose ne fonctionnait pas. On a toujours été tenu au courant dès qu’il y avait des nouvelles fonctionnalités. C’est un service hyper qualitatif. En plus, maintenant on les connaît personnellement et ce sont des personnes qu’on aime beaucoup. C’est donc encore plus plaisant de travailler avec eux !

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui veut se lancer dans le podcast ?

Stéphane : D’écouter des podcasts, de ne pas hésiter à se lancer et surtout de faire attention au son. Je reprend la phrase d’Omar du Podcastore qui avait dit ça dans notre émission, mais c’est vrai qu’il faut vraiment faire attention au son, que ce soit audible. Sinon, ça me rebute.

Karen : Dans le même registre, il faut vraiment faire des pilotes. Ça sert à tester ton format, son matériel, potentiellement se recadrer. Ça frustre un peu d’enregistrer des choses et de se dire qu’on ne va pas les sortir, d’autant que ça repousse le vrai lancement, mais au final on y gagne en clarté et en efficacité. Ce n’est pas grave de rater des trucs.

Stéphane : Il faut faire du montage aussi. Il y a énormément de podcasts d’interviews qui sont très longs et qui auraient peut-être besoin d’être un peu montés, qu’on coupe des blancs. C’est ça qui va donner de la clarté au podcast et qui va permettre obtenir quelque chose de propre et d’audible.

Karen : Oui, il faut essayer de livrer son propos de la manière la plus efficace.

Hébergez votre podcast sur Ausha !